Ce n'est donc plus un secret, on attend d'ici peu l'arrivée d'un nouveau combiné Rossignol/Serizay. Mais détrompez vous ce n'est pas de ce nain que je veux vous entretenir, mais plutot des deux autres, enfin pas tout à fait. Plus compliqué que ça. Ca va, ça va, j'accouche.
Quand on a le premier nain, on est complètement inconscient (sinon on s'abstiendrait d'ailleurs). On n'imagine pas qu'on n'aura plus de temps pour rien, tout ébahis qu'on est de pouvoir dire 1+1=3 (vengeance sur tous les profs de maths, Dupré en tête pour les connaisseurs...). Le mouflet pointe son nez, et qq mois après on trouve ça trop facile, on le trimballe partout, franchement ces parents qui se plaignent tout le temps que les nains sont compliqués, qu'ils sont débordés, MOI JE trouve que c'est abusé.
Tout émoustillés par la facilité de la tâche du premier, on se lance dans le deuxième, avec en prime la bonne conscience de faire un cadeau au premier : un jouet vivant. Là, on fait les malins, mais oui les nains ça nous connait, pensez-vous, on en a déjà un. En plus, imaginez que votre premier ait fait ses nuits de 15h à 1 mois, ça donne des parents insupportables de fierté et de condescendance pour les autres (toute ressemblance avec des personnes connues est le fruit du hasard). Le numéro 2 arrive, on réalise que : 1) le second n'est pas forcément comme le premier (doux euphémisme), 2) terminé le temps peinard, le shopping sans scrupule pendant que le nain dort dans la poussette. Mais quand même, tu réalises qu'un miracle s'est opéré, à deux ILS S'OCCUPENT ENSEMBLE.
Alors forts de cette découverte, on se lance dans le troisième, en croyant innocemment que "2 ou 3 c'est pareil", et puis "deux ça fait un peu trop famille parfaite surtout si t'as garçon et fille, chacun son mini-moi et en avant". Bref, pour plein de bonnes ou de mauvaises raisons, dont la pire est sans doute la reproduction cachée de ce que tu as connu toi, hop tu te retrouves à qq jours d'accoucher d'un troisième nain.
Et subitement, tu culpabilises. Tu regardes tes aînés et tu SAIS, cette fois ci t'as l'impression que toute inconsciente naïveté t'a quittée, tu SAIS que ça va être une tuerie. Une tuerie de fatigue, une tuerie de moins t'occuper de tes aînés que tu vénères (masochiste, aussi). Je te parle même pas des rendez vous chez le coiffeur/dentiste/esthéticienne, tu prends les devant et tu le fais juste avant d'accoucher, prochain ticket dans un an.
Donc tu flippes, un peu.
Tu t'agites, beaucoup, pour prendre cette avance théorique qui ne changera pas un phénomène naturel : dans un mois tout le monde verra (et ton mec aussi, même s'il jure le contraire parce qu'il est gentil amoureux poli) tes racines, et tes poils auront repoussés. Pour les 11 prochains mois.
Mais surtout, tu culpabilises.
Et que fait-on quand on culpabilise? On essaie de se donner bonne conscience. Plusieurs techniques :
le mensonge : tu expliques à tes enfants que ce sera tellement chouette d'avoir un nain de plus, l'éclate totale de partager la baignoire déjà trop petite pour les recherches sous-marines de l'ainé, le fantasme d'avoir un nouveau siège auto entre les deux existants (le sujet de la contenance en nombre de sièges auto de la banquette arrière est désormais tabou), le kiff de partager ses jouets non plus en 2, mais en 3 parts. Vous allez voir, 3 enfants c'est génial. Risque encouru : l'ainé veut 18 frères et soeurs.
la méthode coué : si si, ca va être fan-ta-stique, c'est sur, j'ai trop hâte, je suis heu-reuse, la fatigue on s'en fout, hein les enfants même si maman sera éclatée et d'une humeur de dog, ce sera formi-formidable, hein? franchement être assignée à résidence avec un nourrisson c'est le pied, pensons à d'autres moins chanceux qui sont assignés à résidence dans des lofts luxueux de 600 m2 avec salle de sport et bobonnes à gogo, les boules, non? Non? Risque encouru : dépression post-partum majeure et agression de femmes de chambre.
le rachat de points en avance : vous voulez des gaufres? on va voir Guignol? Qui veut un bonbon? Le paquet plutot? Qui veut jouer aux Legos? Qui veut regarder Gulli? Risque encouru avéré: l'ingratitude. Tu t'échines à leur faire plaisir, à être aux petits soins, à tout imaginer pour eux. Les salauds, non seulement ils s'en foutent complètement, mais pire : ils trouvent ça normal.
Heureusement, la vie est bien faite. Pour les remettre sur la voie de la normalité, sur le droit chemin de l'équilibre droits/devoirs des nains, il y a ... (roulement de tambours)... la CESARIENNE! Qui te cloue au lit pendant 6 jours, à l'hosto. Tu vois pas le rapport? T'es sûr? Sûr?
Pendant 6 jours, c'est leur père qui va s'occuper d'eux.
Seul, avec une recette d'omelette. Contre deux, habitués à Guignol et aux gaufres tous les soirs.
Finalement, la nature est bien faite.
Bon alors un conseil quand tu en seras a 4...
Le coiffeur tu en prends qui soit aussi masseur. Résultat: une femme jolie et détendue en un Temps record.
Le dentiste, tu investis dans une brosse a dents électrique (Philips de préférence...). Plus de carries(c'est marque sur la boite) Du coup Plus besoin d'aller chez le dentiste...
L'epilation: le laser ma vieille !!!!! Resultat: Les dessous de bras toujours nickels quand tu pars a l'improviste en boite le samedi soir!!!
Rédigé par : Al | 13 juin 2011 à 11:40
Ou comment bien se marrer dès le matin!
Merci Anne tu es impayable.
Ps: moi aussi j'ai eu dupré!
On t'embrasse fort
Rédigé par : Laure | 12 juin 2011 à 08:58
Entre deux points de couture et autre confection pour les dits-nains, la lecture de ta prose me fait bien rire...
Vais je plaindre mon petit garçon?... je ne pense pas! et je suis même sûre, qu'il se débrouillera très bien avec ses loustics....
Rédigé par : charlotte | 10 juin 2011 à 17:18
Entre les 3 techniques je sais pas laquelle choisir! J'en connais un qui va être content!
Je t'embrasse bien fort.
Rédigé par : Soso | 10 juin 2011 à 08:54
J'adore.
Dommage qu'avec un N° 3, t'ais pas le temps d'écrire un livre.... ON vous embrasse
Lorraine
Rédigé par : Lorraine | 09 juin 2011 à 13:47