Nous voilà donc rentrés de vacances. De vacances ? Et oui, de vacances. Décidées finalement à la dernière minute. Après avoir parlé des mois de notre tour en caravane, on a ravisé notre choix, étant réalistes sur le budget (plus cher que 15 jours à Tahiti au Club Med à 4, franchement, j'aurais pas hésité longtemps), ainsi que sur ma capacité à résister à l'oppresseur (mon mari et mes enfants) pendant 4 semaines dans 14 m2. Non, je n'avais pas peur des araignées ni des texans en short de la caravane d'à coté ivres morts à 4 du mat' écoutant Bruce Springsteen.
Mais revenons sur l'oppresseur. Ayant conclu un pacte de non-agression avec mon p'tit mari, nous sommes partis, priant pour que les autres oppresseurs, les Nains, soient fantastiques, c'est à dire survivent à 2300 kms en 6 jours, mangent (ou pas) des repas à horaires variables une nourriture douteuse (des pots de purée de pois froids), fassent (ou pas) des siestes de durées variables (quoi, 5 minutes C'EST une sieste, siii), visitent des villes émerveillés de ce qu'ils verraient, ne fassent pas de fuites dans le siège auto, n'étalent pas leurs crottes de nez sur la vitre arrière, et surtout, surtout, dorment la nuit.
C'est là que le bât blessat. La nuit.
Scène 1. Ottawa. Un hotel réservé au rabais sur le web la veille. "hello Madam, we have reserved a room for 2 nights for 3 persons and a baby, our name is S-E-R-I-Z-A-Y. " "Ah oui vous êtes francais (quoi mon accent, j'hallucine. Merci l'accueil.). Bon on a un problème, il ne nous reste qu'une chambre à 2 lits. Simples les lits". ???. Pauvre dame. C'est moi (Anne) et non Guillaume qui était en face d'elle. Je venais de me cogner 6h de route à écouter Clément-Nez-en-l'air, à chanter Les Marionnettes, à me faire engueuler malgré le pacte de non agression pour mon co-pilotage soi-disant pourri (ben quoi, ils avaient dit qu'il y avait CINQ sorties, en fait y en avait qu'une, c'est pas d'ma faute), et la brave dame pensait REELLEMENT qu'elle allait me refiler une chambre à 2 lits simples et que je dorme avec mon fils - je ne me faisais pas d'illusion sur qui de Guillaume et moi allait s'y cogner- dans 90 cm de large. Bref. Je vous passe les détails mais on a eu une chambre double avec cuisine (tellement pratique, une cuisine à l'hotel). Heu-reux nous étions. Les vacances c'est formidable.
Scène 2. Dans la chambre avec cuisine. "au clair de la luuuuuneeeeeuu, mon amiiiiii Pieeeerrrooooooot". Allez les nains on éteint, il est 20h30, c'est déjà hyyyyyper tard. Tout le monde est calme, silencieux, le sommeil gagne les nains. Guillaume : " viens on descend boire un verre au bar". Moi, traumatisée par l'affaire Maddie et épouse exemplaire : "non chéri, je les garde jusqu'à ce qu'ils dorment profondément. Vas-y toi. Profites en bien. Pourrais tu STP me rapporter une tisane? Je t'aime d'amour mon lapin chéri." Le dit lapin claque la porte. Les vacances c'est formidable.
Scène 3. Toujours la chambre avec cuisine. En claquant la porte, il a dû réveiller Murphy qui s'était faufilé en douce dans mon sac à couches. Le chien. 3 heures. 3 heures pour arriver à calmer la Naine. Une furie. Et la tisane est restée en bas ("ben chavais pas comment dire tisane en anglais"), cela dit c'est un tranxène et une vodka qu'il m'aurait fallu. On s'endort finalement une fois la furie calmée, réveillés toutes les 12 minutes par Paul qui tousse. Pas grave, le bruit on s'en fout, on est trop zens comme parents. Pfffiou, les vacances c'est formidable, hein chéri?
Scène 4. J'ai dit qu'on s'en foutait du bruit? MENSOOOOONGE. Enfin du bruit normal (une quinte de toux de tuberculeux), peut-être. Mais des hurlements de la furie de 3h à 7h. NON. Un drame intersidéral a du se re-produire dans le lit parapluie, la Naine était incontrolable, inconsolable, insoignable. Et s'est rendormie à 7h30.
Les vacances c'est formidable. Avec des boules Quiès c'est encore plus formidable.
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